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La prévention dans les communes

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La prévention dans les communes

Au service de 30.283 habitants et d’un territoire qui compte 33.97 km² et de nombreux espaces verts, la commune d’Ottignies-Louvain-La-Neuve héberge aussi dans sa cité estudiantine quelque 20.000 étudiants pour lesquels elle organise pas moins de 700 évènements par an.

Rencontre avec le conseiller d’Ottignies-Louvain La Neuve

Ils sont policiers, assistants sociaux, ouvriers communaux, agents, ils travaillent en hauteur, dans des espaces confinés, dans les cimetières, sur la voirie ou dans l’administration. Ils se déplacent constamment, peignent sur leurs échafaudages et manipulent des produits dangereux… Le risque d’un accident est à tous les coins de rue et porte sur de multiples domaines d’activités.

« Gérer la sécurité d’une entreprise même de grande taille passe par des procédures, lesquelles s’appliquent au périmètre de l’entreprise concernée. Mais, dans une commune, un accident peut dépasser nos domaines de compétence et avoir des impacts sur la population, les tiers, le personnel. Gérer les risques dans une commune, c’est aussi veiller à la sécurité des élèves des écoles communales qui relèvent de la Communauté française. En cas d’un accident ou d’incendie, le bourgmestre en est responsable. Pour ce faire, le Service Interne de Prévention et de Protection au travail  de la Ville reste particulièrement attentif aux besoins de chaque école et des exercices d‘évacuation sont organisés chaque année », introduit Jiman Shahbandi, conseiller en prévention pour la Ville d’Ottignies Louvain La Neuve. 

Comme beaucoup de ses pairs, ce dernier porte plus d’une casquette et son temps à consacrer à la prévention est compté. « Cependant, ses prérogatives en matière de fêtes et manifestations ainsi que de planification d’urgence l’incitent à appréhender plus largement ce qui peut se passer sur la voie publique », ajoute Dominique Jacques, ingénieur de prévention chez AXA.

Seul face à ses responsabilités

« Le conseiller en prévention est parfois perçu comme un trouble-fête, et les avis qu’il émet ne sont pas forcément écoutés. Le métier, méconnu, devrait bénéficier d’une meilleure image auprès de la hiérarchie », ajoute ce dernier.

Le conseiller en Prévention, seul référent interne à l’égard de la Direction, serait tenu responsable pour défaut de prévoyance. Parfois, c’est un vrai travail d’équilibriste entre le souci d’assurer la sécurité au sein des services de la Ville et la volonté de l’autorité, par ex. de rendre service à des organisations qui réquisitionnent des espaces scolaires ou sportifs pour organiser une manifestation. Le conseiller veillera à chaque fois à sensibiliser l’ensemble des intervenants aux normes de sécurité à prévoir.

Se regrouper pour rompre l’isolement

II y a cinq ans, Jiman Shahbandi propose de former un groupement des conseillers en prévention du Brabant wallon. « Je vois bien que mes collègues des autres communes sont dans la même situation que moi. Ils se sentent souvent isolés dans leur mission. A présent, nous nous soutenons mutuellement. Le taux de participation aux réunions, les échanges de mail, leur élan à communiquer sont des signaux positifs. Forts d’un répertoire multiculturel (privé/public) plus étendu que le nôtre, les ingénieurs en prévention d’AXA pilotent les réunions du groupement, nous alimentent en documentation et en expériences. Nous travaillons sur la réalisation d’une brochure d’accueil sécurité conçue par l’assureur, sur des livrets de procédures et des actions de sensibilisation. »

« Nous formons un binôme avec les ingénieurs en prévention »

Jiman Shahbandi : « J’ai demandé à AXA de venir visiter nos ateliers. C’était réconfortant d’entendre leur avis sur les risques en incendie et en toxicologie, nos lieux étaient bien sécurisés. La présence d’un assureur à nos côtés a du poids. Quand je colle leurs affiches sécurité, j’ai une autre crédibilité que si j’exprime l’avis d’un simple conseiller en prévention travaillant dans son bureau. »

« Avant, mes collègues me voyaient comme une contrainte… » 

Jiman est un pragmatique, il a besoin de sentir les choses, de chercher d’où les contraintes peuvent venir auprès des services concernés, quelles sont les motivations à ne pas faire ce qui est préconisé. « Je les retrouve dans le gestuel de l’agent. Quand je rédige une analyse de risques et que je l’envoie par mail, je ne peux sentir ce que l’autre ressent. Mes recommandations, je les vis avant de les imposer. Ils les refusent ? Ils doivent m’en motiver la raison. C’est contraignant. Ce qui nous ouvre à chercher d’autres pistes pour obtenir le même résultat », nous détaille le préventionniste d’Ottignies LLN qui a réussi à établir le dialogue. Avant, ils se cachaient, à présent ils viennent lui parler. « Le meilleur acteur de prévention est l’agent lui-même, puisqu’il connait la réalité du terrain », conclut Jiman.

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