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Comment votre commune gère-t-elle la sécurité de ses usagers faibles ?

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Comment votre commune gère-t-elle la sécurité de ses usagers faibles ?

Depuis l’essor de la mobilité douce, le partage de la voirie mérite réflexion, créativité et savoir-vivre. C’est que la cohabitation vélo /voiture et vélo /piéton peut parfois battre de l’aile. Comment maintenir la paix sur la voirie ?

Face à un piéton, un cycliste vit les mêmes problèmes qu’un automobiliste : le temps de freiner, il a parcouru 3 mètres de plus à 6 km/h (sa vitesse au pas) et 22 mètres à 20 km/h (vitesse moyenne sur route). Résultat : risque de collision et chute…

Nous sommes en plein centre de Bruxelles. La commune vient d’ériger en rue piétonne une artère très fréquentée. Objectif : accueillir piétons, trottinettes et cyclistes qui prennent progressivement possession de l’espace public.

Avec l’arrivée des beaux jours, les gens sortent de chez eux. Accaparé par son GSM, un piéton fait volte-face sans lever le front ni prévenir. Une collision avec un cycliste qui passe par là, l’œil tout aussi rivé sur ses réseaux sociaux, et c’est le drame.

Pure fiction ? Ce type de comportement accidentogène se reproduit dans nos quartiers plusieurs fois par jour. Les écouteurs sur les oreilles, le gsm à la main… des sources de distraction et donc de collisions entre usagers.

Les vélos et trottinettes de location envahissent également les trottoirs ou d’autres lieux de passage.

En résumé, l’espace réservé au piéton se réduit et la dangerosité se déplace sur le terrain de la mobilité lente. Un motif pour une redistribution des espaces et une réflexion sur la sécurité.

Relation cycliste/automobiliste, des progrès mais…

Des initiatives sont déjà prises ci et là, et nous nous en réjouissons. Le mode le plus lent devient prioritaire dans l'espace public.

Pour preuve, les nombreux aménagements qui apportent leur part de clarté et de sécurité :

  • pistes cyclables plus courantes
  • réduction du nombre de bandes de circulation
  • panneaux de vitesse maximale pour le vélo et avertissant cyclistes et piétons du risque d'accident
  • feux adaptés pour orchestrer leur traversée
  • chicanes ou autres éléments ralentisseurs à l'approche des passages piétons (dos d'âne, bandes rugueuses sur la piste cyclable)
  • accès prioritaires et stationnements réservés aux vélos

Cependant, on constate que les pistes cyclables sont souvent tracées sur les trottoirs, et non sur la chaussée. Au grand dam des piétons.

Relation piéton/cycliste, une coexistence pacifique ?

L’entente cordiale entre cyclistes et piétons face aux automobilistes s’est doucement effritée. Si le vélo menace moins le sentiment de sécurité du piéton, ce n’est pas pour autant une relation sans anicroche.

Un cycliste trop rapide stresse les usagers plus lents que lui. Il se faufile même dans les rues piétonnes mais sans respecter la priorité qu’il doit céder aux piétons.

Favoriser la circulation lente en ville en toute sécurité

Un code de bonne conduite est utile si nous voulons que cette nouvelle mobilité trouve pleinement sa place sur le territoire communal. Certaines pistes suggérées par le Manuel ‘villes cyclables, villes d’avenir’ de la ‘DG Environnement de la Commission Européenne(2) ou encore sur le site belgium.be, dans la rubrique Mobilité - Sécurité Routière peuvent vous inspirer :

  • En ville, limiter au maximum les entraves à la circulation cycliste : passerelles, pistes cyclables, allées mitoyennes, traversées de parcs…
  • Vérifier la présence et l’état de la signalisation
  • Entretenir régulièrement les infrastructures
  • Placer des feux destinés aux différents usagers ou des ralentisseurs de trafic

Encourager le mode participatif avec les automobilistes

Vous facilitez l’adhésion des automobilistes et réduisez l’insécurité générale en instaurant un processus participatif et une bonne communication. Une idée ? Un plaidoyer contre les excès de vitesse, risqués sans gain de temps sur des petites distances.

Coopérer avec les cyclistes

  • Leur rappeler que sur la selle de leur « véhicule », les cyclistes ne peuvent téléphoner GSM à la main
  • Les encourager à anticiper les réactions des autres, préparer leurs changements de direction et les indiquer à temps, dépasser par la gauche
  • Se concentrer sur leur conduite. Toute distraction allonge le temps de réaction
  • Veiller aux angles morts des véhicules, surtout des bus et poids lourds
  • Réviser le code de la route (3)
  • Se rappeler que seul un enfant de moins de 10 ans est autorisé à rouler à vélo, au pas, sur le trottoir en agglomération

Éduquer les piétons

  • Regarder avant de traverser
  • Ne pas se laisser distraire. Selon le baromètre VIAS de la sécurité routière, 1 piéton sur 10 porte un casque, des écouteurs ou consulte son GSM (1)

Veiller sur les petits cyclistes

Pour circuler à vélo en sécurité, les enfants ont besoin d’être guidés, d’un itinéraire adapté et d’aménagements sur tout leur trajet.

La ville de Courtrai où 60 % des déplacements des écoliers se font à vélo, l’a bien compris en prenant des mesures particulières à l’heure des entrées et sorties scolaires : rues fermées à la circulation dans un sens, policiers postés aux carrefours délicats… Peut-être une inspiration pour votre commune ?

Responsabilité partagée

Nous le constatons bien dans les faits, cette nouvelle cohabitation entre usagers de la voirie entraîne de nouveaux risques et amène son lot d’accidents parfois graves et donc de recours en responsabilité civile.
Cela concerne les piétons, cyclistes et automobilistes, mais aussi les villes et communes en charge des aménagements publics. Manque d’anticipation, signalisation insuffisante, éclairage inadéquat, zones dangereuses non renseignées… pourraient engager la responsabilité des pouvoirs locaux.

Un bon sujet de réflexion pour demain.

  1. Baromètre de la sécurité routière en résumé sur le site Code de la route
    Baromètre 2022 de la sécurité routière VIAS dans son intégralité
  2. Manuel ‘villes cyclables, villes d’avenir’ de la DG Environnement de la Commission Européenne’
  3. Code de la route

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