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Photo d’une femme, derrière une fenêtre, illustrant les difficultés des belges à trouver le bien-être mental Photo d’une femme, derrière une fenêtre, illustrant les difficultés des belges à trouver le bien-être mental

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Bien-être mental : un enjeu qui touche désormais un Belge sur deux

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| 7 min lecture

Bien-être mental : un enjeu qui touche désormais un Belge sur deux

Pour la première fois depuis 2020, la moitié de la population belge se déclare en difficulté sur le plan du bien-être mental. Et cette tendance est encore plus marquée chez les jeunes adultes et les femmes. Si ce chiffre témoigne de défis importants, il souligne aussi l’opportunité pour tous les acteurs, notamment les entreprises, de continuer à renforcer leurs actions pour promouvoir la santé mentale.

Le Mind Health Report, publié chaque année par l’assureur AXA, analyse les tendances du bien-être mental dans 18 pays, dont la Belgique*. L’objectif est de sensibiliser, de stimuler le dialogue et d’encourager des actions concrètes pour améliorer la santé mentale à tous les niveaux.

Une situation en évolution, avec des opportunités d’amélioration

Selon les résultats de cette nouvelle édition du Mind Health Report et pour la première fois depuis le début de l’étude en 2020, le seuil des 50% de la population belge se trouvant actuellement dans une spirale négative au niveau du bien-être mental est atteint.

Plus précisément, la proportion de Belges déclarant un problème de santé mentale reste stable depuis 2023 (31%) mais la proportion des personnes déclarant souffrir de dépression poursuit sa progression (18%, +7 points depuis 2021).

Deux populations apparaissent particulièrement vulnérables : les jeunes de 18 à 34 ans, dont 41 % déclarent connaître des problèmes de santé mentale, et les femmes, toutes générations confondues, qui sont 35 % à en souffrir.

Les résultats mettent en évidence un ensemble de facteurs influençant le bien-être mental. Parmi eux, un sentiment d’instabilité généralisée (qu’elle soit politique, socio-économique, financière ou professionnelle) contribue fortement aux préoccupations liées à l’avenir dans un monde en constante évolution. Par ailleurs, le temps d’écran apparaît également comme un facteur important : il s’élève en moyenne à 4h20 par jour, et même à 5h30 chez les moins de 35 ans. Selon l’enquête, 62 % des Belges (et même 81 % des moins de 35 ans) considèrent ce temps d’écran comme nuisible à leur bien-être mental, notamment en raison de son impact négatif sur le sommeil (41 %) et du sentiment d’isolement qu’il peut engendrer (36 %).

Un enjeu majeur : prendre conscience de ses besoins et trouver l’aide la plus adaptée

D’après l’enquête, la moitié des Belges (48%) n’a consulté aucun spécialiste en matière de santé mentale au cours de l’année écoulée. Une fois encore, ce pourcentage varie fortement en fonction de l’âge des répondants : 32% des plus de 55 ans ont consulté lors des 12 derniers mois, alors que 68% des 25-34 ans l’ont fait.

Les raisons qui freinent les Belges sont principalement :

  • Le coût d’une consultation ou d’un suivi (36%),
  • La conviction qu’il n’y a aucun besoin de suivi (35%).

Cependant, le suivi médical n’est pas toujours la seule solution, comme l’explique le professeur Lode Godderis :

"On parle aujourd’hui plus librement de santé mentale, ce qui est positif. Mais prise de conscience ne veut pas dire compréhension : beaucoup peinent encore à identifier leurs besoins et l’impact de leur contexte de vie. D’où l’importance d’échanges honnêtes, au travail comme ailleurs. L’offre d’aide s’est diversifiée, mais reste parfois confuse. Il faut surtout un accompagnement personnalisé, étape par étape, pour trouver le bon soutien au bon moment".

Il apparaît donc que le premier pas pour améliorer le bien-être mental consiste à prendre conscience de ses besoins, favoriser le dialogue et rechercher du soutien adapté, qu’il soit familial, amical ou médical.

L’IA, une arme à double tranchant dans la gestion du bien-être

L’utilisation de l’intelligence artificielle pour soutenir le bien-être mental est une réalité : 54% des Belges ont déjà eu recours à ces solutions (et même 74% des moins de 35 ans), avec un taux de satisfaction des conseils fournis de l’ordre de 55%. Toutefois, l’étude met en avant les risques inhérents à l’utilisation de ces outils : les Belges concèdent que le recours à l’IA peut générer une forme de dépendance (34%), qu’elle remplace parfois l’échange avec une autre personne (33%) ou pire, qu’elle pousse parfois à des comportements néfastes (20%).

Le bien-être mental des Belges au travail

Sur les 1000 répondants Belges au Mind Health Report, 569 sont actifs professionnellement et leurs réponses ont été analysées plus en profondeur afin d’évaluer spécifiquement le bien-être mental des Belges au travail et le rôle de l’employeur.

Il ressort notamment que 52% des Belges seraient prêts à parler de leurs problèmes de santé mentale à leur employeur. Les autres préfèrent garder ces problèmes pour eux, estimant principalement qu’il s’agit là d’un problème d’ordre privé (48%), que leur employeur ne serait pas en mesure de les aider (36%) ou encore par crainte de répercussions sur leur carrière (29%). Le stigma autour de la santé mentale au travail est donc encore bien présent.

Et pourtant, la proportion des Belges qui ont été en arrêt maladie au cours des 12 derniers mois pour des raisons de santé mentale continue d’augmenter. Si elle était de 26% il y a deux ans, elle atteint en 2026 la barre des 31%. À nouveau, la population plus jeune (18-34 ans) semble encore plus touchée par ces problèmes, puisqu’ils sont 44% à avoir été en arrêt maladie pour des problèmes liés à leur santé mentale ou psychologique.

Malgré cela, les travailleurs belges montrent un réel intérêt pour les solutions proposées par leur employeur : 80 % d’entre eux déclareraient utiliser ces programmes ou services s’ils étaient mis en place dans leur entreprise. En parallèle, 39 % des répondants expliquent avoir accès à de tels outils sur leur lieu de travail. Cette situation représente une véritable opportunité pour les employeurs : en développant davantage ces programmes et en favorisant le dialogue autour du bien-être mental, ils pourraient considérablement améliorer la qualité de vie au travail et encourager une meilleure prise en charge des problématiques de santé mentale.

En conclusion, le rapport d’AXA rappelle que la santé mentale est un enjeu collectif, nécessitant une mobilisation de tous : entreprises, institutions et individus. En favorisant la sensibilisation, en développant des actions concrètes et en renforçant la confiance et le dialogue, il est possible d’ouvrir la voie à un avenir où chaque personne pourra bénéficier du soutien dont elle a besoin. Il est temps que chacun, à son niveau, prenne conscience de l’enjeu et agisse pour faire de la santé mentale une priorité partagée.

*Méthodologie : Étude IPSOS pour AXA, réalisée auprès de 19 000 adultes, dont 1000 Belges, âgés de 18 à 75 ans dans 18 pays d’Europe, d’Amérique et d’Asie, du 12 janvier 2026 au 16 février 2026.

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