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Enfant témoin de harcèlement scolaire : que faire ?| Blog AXA.be

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| 7 min lecture

Mon enfant est témoin de harcèlement scolaire : comment l'aider à agir sans se mettre en danger ?

Dans cet article

      Un soir, votre enfant vous raconte qu'il a vu un camarade se faire embêter à l'école. Premier réflexe : le rassurer. Mais ensuite, une question se pose vite : comment l’aider à agir sans que son rôle de témoin se retourne contre lui ? Voici comment l’accompagner, concrètement. 

      Pourquoi les témoins se taisent si souvent 

      Dans une situation de harcèlement scolaire en Belgique, il n'y a pas que la cible et l'auteur : il y a aussi, bien souvent, toute une classe de témoins.

      Leur rôle et leur (in) action sont pourtant essentiels. Comme le rappelle une analyse de la Ligue des familles S'ouvre dans un nouvel onglet avec le chercheur Bruno Humbeeck, le silence des témoins peut renforcer malgré lui la dynamique de domination. À l’inverse, un groupe qui décide de dire stop ensemble a souvent plus de poids qu’une intervention isolée. 

      Mais être témoin n'est pas simple. Selon Amandine Hupin, psychologue spécialiste du harcèlement interrogée par la RTBF S'ouvre dans un nouvel onglet, les témoins qui hésitent à parler ont avant tout peur des conséquences pour eux-mêmes — devenir la prochaine cible, notamment. 

      Elle alerte aussi sur un réflexe fréquent chez les parents, souvent motivé par l’envie de protéger leur enfant : lui conseiller de ne pas se mêler de ce qui ne le regarde pas.  

      Alors, comment aider son enfant à agir sans devenir la prochaine cible, ni rester seul avec ce qu’il a vu ? 

      Que répondre si votre enfant vous en parle 

      Si votre enfant vous confie avoir été témoin d’une situation de harcèlement, quelques réflexes simples peuvent l’aider à se sentir en sécurité et pris au sérieux : 

      • Écoutez-le et croyez-le 
        Selon Amandine Hupin, les témoins qui osent parler doivent avant tout être écoutés et pris au sérieux — un enfant qui sent le doute chez l'adulte à qui il se confie n'ira pas voir plus loin. 
      • Ne minimisez pas, mais ne dramatisez pas non plus 
        L'objectif est de garder un espace de dialogue ouvert, pas de provoquer une réaction qui le dissuaderait de revenir vers vous la prochaine fois. 
      • Rassurez-le sur sa sécurité
        Précisez que vous prendrez en charge la suite, notamment le contact avec l'école, sans le désigner comme la source de l'information s'il craint des représailles. 
      • Valorisez son geste 
        Lui rappeler qu'il a bien fait de vous en parler renforce sa confiance et l'encourage à recommencer si la situation se reproduit. 

      À retenir 

      Évitez de lui répondre que « ça ne le regarde pas ». Même si cette réaction part d’une intention de protection, elle peut fermer le dialogue et renforcer le silence. 

      Comment agir sans se mettre en danger 

      Un enfant témoin n'a pas à intervenir seul, ni à se confronter directement à un harceleur. 

      Des dispositifs comme HOPE VR S'ouvre dans un nouvel onglet, expérience immersive développée dans le cadre de l’opération HOPE, illustrent qu’un témoin n’a pas toujours besoin d’une confrontation directe pour agir. Un geste discret, un soutien visible ou le relais vers un adulte peuvent déjà modifier la dynamique du groupe. 

      Voici ce qui peut réellement aider un enfant témoin, à son échelle : 

      • Ne pas rester seul face à la situation
        Un enfant qui décide, avec un ou plusieurs camarades, de signaler ensemble une situation à un adulte est en position bien plus solide qu'un enfant isolé.
      • S'adresser à un adulte de confiance à l'école
        Enseignant, éducateur ou membre du CPMS : il n'a pas à gérer la situation lui-même, seulement à la faire remonter. 
      • Rester proche de la cible
        Un mot gentil, une invitation à s'asseoir ensemble, ou simplement ne pas rire aux moqueries, peut déjà changer la dynamique du groupe. 
      • Ne pas relayer ni commenter en ligne 
        En cas de cyberharcèlement, mieux vaut capturer les preuves (captures d'écran) et les transmettre à un adulte plutôt que de réagir publiquement sur les réseaux. 

      Après le signalement : que peut-on demander à l’école ? 

      Depuis août 2024, toutes les écoles de Fédération Wallonie-Bruxelles ont l'obligation d'avoir une procédure interne de signalement S'ouvre dans un nouvel onglet, avec un adulte référent clairement identifié. En pratique, vous pouvez demander à l'école comment cette procédure fonctionne et rappeler l’importance de préserver l’anonymat de votre enfant s'il craint des représailles.

      Signaler ne clôt pas le sujet pour autant : n'hésitez pas à demander un retour concret sur les suites données, et à relancer si rien ne semble bouger dans les jours qui suivent. 

      Des ressources ouvertes aussi aux témoins 

      Ces lignes ne sont pas réservées aux enfants directement visés par le harcèlement: un enfant témoin, tout comme son parent, peut tout autant s'y adresser.

      Questions fréquentes sur le rôle de témoin en cas de harcèlement scolaire

      Mon enfant a peur d'avoir des ennuis s'il parle, que puis-je lui dire ?

      Vous pouvez lui expliquer que ce n'est pas à lui de régler la situation ni d'affronter qui que ce soit — seulement de la signaler à un adulte, idéalement accompagné d'un ou plusieurs camarades. Précisez-lui aussi que vous êtes prêt à porter l'information vous-même auprès de l'école, sans le nommer comme source.

      Mon enfant a peur d'être vu comme un "mouchard" par ses camarades, que lui répondre ? 

      Vous pouvez lui expliquer la différence entre "moucharder" (dénoncer pour nuire) et signaler une situation pour protéger quelqu'un : ce n'est pas la même démarche, ni la même intention. Rester discret sur qui a signalé quoi, ou passer par un groupe plutôt qu'agir seul, aide aussi à désamorcer cette peur du jugement des autres.

      Faut-il porter plainte quand son enfant est témoin ? 

      Dans la plupart des cas, la première étape consiste à signaler la situation à l’école, qui doit disposer d’une procédure interne depuis 2024. Le dépôt de plainte relève plutôt d’une décision de la famille de l’enfant visé, notamment en cas de faits graves, répétés ou de menaces.

      AXA s'engage contre le harcèlement scolaire avec HOPE

      Parce que la sensibilisation joue un rôle clé, AXA soutient également des initiatives qui aident les écoles, les familles et les jeunes à ouvrir le dialogue. Du côté francophone, AXA est partenaire de HOPE, l’opération lancée par la RTBF pour sensibiliser les écoles primaires au (cyber)harcèlement. Côté néerlandophone, AXA soutient également STIP IT, une campagne portée par la VRT et Kies Kleur tegen Pesten.

      Deux initiatives qui poursuivent le même objectif : libérer la parole et faire évoluer les mentalités.

      Vous souhaitez aborder le sujet du harcèlement avec votre enfant avant qu’un problème ne survienne ? Découvrez nos conseils pour en parler sans l’angoisser.

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