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Blog AXA.be - Sortir de l'argent de sa société : quelles sont vos options ?

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| 13 min lecture

Sortir de l'argent de sa société en Belgique : quelle solution selon votre horizon de temps ?

Dans cet article

      Couple qui profite de la vie grâce à l’assurance vie d’AXA Couple qui profite de la vie grâce à l’assurance vie d’AXA

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      Votre société génère des bénéfices ? Une question se pose alors rapidement : comment transférer une partie de vos revenus vers votre patrimoine privé ?

      Rémunération, dividendes, réserve de liquidation, VVPR-bis ou encore EIP : plusieurs solutions existent. Le choix dépend avant tout de votre horizon de temps. Avez-vous besoin de cet argent immédiatement ? Pouvez-vous attendre quelques années ? Ou votre priorité est-elle de préparer votre pension ?

      Voici les principales pistes à envisager selon votre horizon de temps.

      Vous avez besoin d’argent aujourd'hui ?

      Si vous souhaitez disposer rapidement d’une partie des bénéfices générés par votre société, plusieurs solutions peuvent être envisagées pour accéder à ces fonds à court terme.

      La rémunération du dirigeant

      La rémunération du dirigeant reste la solution la plus courante pour transférer des revenus de la société vers la sphère privée.

      Déductible pour l’entreprise, il est soumis aux cotisations sociales et à l'impôt des personnes physiques, dont le taux marginal peut atteindre 50 %.

      Cette rémunération permet également au dirigeant de continuer à se constituer des droits sociaux et des droits à la pension.

      Depuis l'exercice d'imposition 2026, une rémunération annuelle minimale de 50 000 euros figure parmi les conditions à respecter pour permettre à certaines PME de bénéficier du taux réduit de l'impôt des sociétés. Ce seuil, fixé auparavant à 45 000 euros, a été relevé par la loi-programme.

      Par ailleurs, les avantages de toute nature évalués forfaitairement ne peuvent excéder 20 % de cette rémunération. En cas de dépassement, la société perd le bénéfice du taux réduit.

      Les avantages de toute nature

      Voiture de société, smartphone, ordinateur portable ou encore connexion internet : les avantages de toute nature font souvent partie du package de rémunération du dirigeant. Financés par l'entreprise, ils sont généralement imposables dans le chef du bénéficiaire. Ils constituent avant tout un avantage en nature et non un outil de constitution de patrimoine.

      La location d'un bureau à votre société

      Votre société utilise une partie de votre habitation ou un bien immobilier dont vous êtes propriétaire pour les besoins de son activité ? Sous certaines conditions, elle peut vous verser un loyer pour cette mise à disposition.

      Cette solution peut constituer une source de revenus complémentaires intéressante. Elle reste toutefois soumise à des règles fiscales spécifiques qui doivent être analysées en fonction de votre situation personnelle.

      Les dividendes ordinaires

      Votre société peut également distribuer une partie de ses bénéfices sous forme de dividendes. Après paiement de l'impôt des sociétés, les dividendes sont en principe soumis à un précompte mobilier de 30 %.

      Vous pouvez attendre quelques années ?

      Si vous n'avez pas besoin de liquidités immédiatement, certaines solutions permettent d'envisager une fiscalité potentiellement plus avantageuse en contrepartie d'un certain délai d'attente.

      Le régime VVPR-bis

      Le régime VVPR-bis s'applique, sous certaines conditions, aux actions émises en numéraire lors de la constitution de la société ou d'une augmentation de capital.

      Après une période minimale de détention, les dividendes peuvent bénéficier d'un précompte mobilier réduit par rapport au taux ordinaire de 30 %.

      Depuis le 1er juillet 2026, ce taux réduit est passé de 15 % à 18 %. Malgré cette évolution, le régime VVPR-bis peut rester pertinent pour les dirigeants et actionnaires de PME qui sont en mesure de reporter la perception de leurs dividendes.

      La réserve de liquidation

      La réserve de liquidation permet à une PME d'affecter une partie de ses bénéfices à une réserve spécifique en vue d'une distribution ultérieure. En contrepartie, une cotisation distincte de 10% est due lors de la constitution de cette réserve.

      Depuis le 1er janvier 2026, le délai d'attente applicable à certaines réserves a été ramené de cinq à trois ans. Les distributions effectuées à l’issue de cette période sont soumises à un précompte mobilier de 9,8%.

      Cette réforme rapproche la fiscalité de la réserve de liquidation de celle du régime VVPR-bis. Ces deux mécanismes entrainent désormais une charge fiscale globale comparable, d’environ 18%.

      Concrètement, la société paie une cotisation distincte de 10 % lors de la constitution de la réserve, puis un précompte mobilier de 9,8 % lors de la distribution, selon un mécanisme de taxation en cascade.

      Malgré une fiscalité légèrement moins avantageuse qu'auparavant, la réserve de liquidation et le régime VVPR-bis restent généralement plus attractifs qu’une distribution de dividendes soumise au précompte mobilier ordinaire de 30%.

      Que faire de la trésorerie pendant cette attente ?

      Attendre ne signifie pas forcément laisser les liquidités de votre société dormir sur un compte bancaire. Lorsque ces fonds ne sont pas nécessaires à court terme, différentes solutions peuvent être envisagées afin de les placer pendant la période précédant une éventuelle distribution des bénéfices.

      Parmi celles-ci, les contrats de capitalisation de branche 26 peuvent constituer une piste de réflexion pour les sociétés disposant d'un excédent de trésorerie.

      Ces contrats permettent à une personne morale d'investir un capital pour une durée déterminée, avec un taux d'intérêt fixe et garanti. Selon le contrat, ce rendement peut également être complété par une participation bénéficiaire.

      Certains contrats permettent également d'effectuer des retraits partiels en cours de contrat. Les fonds ne sont donc pas nécessairement totalement immobilisés jusqu'à l'échéance, ce qui permet à l'entreprise de conserver une certaine flexibilité en cas de besoin de liquidités.

      Par ailleurs, les contrats de branche 26 ne sont pas soumis à la taxe sur les primes d'assurance.

      Cette solution peut notamment être envisagée dans le cadre du VVPR-bis ou de la réserve de liquidation. Lorsqu'une distribution des bénéfices n'est prévue que dans plusieurs années, elle permet de placer une partie de la trésorerie durant cette période d'attente.

      Vous pensez déjà à votre pension ?

      Pour les entrepreneurs qui adoptent une vision à long terme, l'Engagement Individuel de Pension (EIP) constitue souvent l'un des outils les plus intéressants pour préparer leur pension complémentaire. Grâce aux primes versées par la société, il permet de constituer progressivement un capital en vue de la retraite.

      Concrètement, votre société verse des primes dans une assurance-pension dont vous êtes le bénéficiaire. Sous réserve du respect des conditions légales, notamment de la règle des 80 %, ces primes peuvent être déductibles pour votre société. Il faut toutefois tenir compte de certains frais liés au contrat d'assurance lui-même : une taxe de 4,4 % est prélevée sur chaque prime versée, à laquelle s'ajoutent les frais d'entrée propres à l'assureur.

      À l'échéance du contrat, le capital constitué est soumis à une fiscalité spécifique qui peut, selon votre situation, être plus favorable que celle applicable à une rémunération ou à un dividende ordinaire.

      Selon votre situation, l'EIP peut également offrir des possibilités complémentaires, comme le rattrapage d'années de carrière antérieures via le mécanisme de back service ou l'octroi d'une avance sur les réserves constituées pour contribuer au financement d'un projet immobilier.

      Exemple : comment sortir 10.000 euros de bénéfice de sa société ?

      Pour illustrer l'impact de l'horizon de temps sur la manière de percevoir les bénéfices de votre société, prenons l'exemple d'un bénéfice imposable de 10 000 euros soumis au taux réduit de l'impôt des sociétés de 20 %.

      Mécanisme Horizon de temps Charges principales Montant net indicatif % conservé
      Dividende ordinaire Immédiat ISOC 20 % + précompte 30 % +-5 600 € 56%
      VVPR Bis +- 3 ans ISOC 20 % + précompte 18 % +-6 560 € +- 65,6 %
      Réserve de liquidation +- 3 ans ISOC 20 % + cotisation 10 % + précompte 9,8 % +-6 560 € +- 65,6 %
      EIP À la pension Taxe prime 4,4 % + frais d'entrée, Taxation à la sortie : INAMI 3,55%, cotisation de solidarité 2% + Impôt +/- 10,7% +-7 750 € +- 77,5 %
      Dividende ordinaire
      Horizon de temps
      Immédiat
      Charges principales
      ISOC 20 % + précompte 30 %
      Montant net indicatif
      +-5 600 €
      % conservé
      56%
      VVPR Bis
      Horizon de temps
      +- 3 ans
      Charges principales
      ISOC 20 % + précompte 18 %
      Montant net indicatif
      +-6 560 €
      % conservé
      +- 65,6 %
      Réserve de liquidation
      Horizon de temps
      +- 3 ans
      Charges principales
      ISOC 20 % + cotisation 10 % + précompte 9,8 %
      Montant net indicatif
      +-6 560 €
      % conservé
      +- 65,6 %
      EIP
      Horizon de temps
      À la pension
      Charges principales
      Taxe prime 4,4 % + frais d'entrée, Taxation à la sortie : INAMI 3,55%, cotisation de solidarité 2% + Impôt +/- 10,7%
      Montant net indicatif
      +-7 750 €
      % conservé
      +- 77,5 %

      Ces chiffres sont purement indicatifs, arrondis et susceptibles d'évoluer en fonction de la législation et de votre situation personnelle. Ces simulations excluent tout rendement du capital afin de mettre en évidence uniquement l’impact de la fiscalité. Les taux d’imposition applicables au VVPR-bis et à la réserve de liquidation ont notamment été modifiés par la loi-programme du 1er juin 2026. Vérifiez toujours les chiffres applicables à votre situation avec votre comptable, en particulier si vous détenez des réserves constituées avant fin 2025, qui peuvent rester soumises à des règles différentes. Pour l'EIP, le calcul tient compte de la taxe sur la prime d'assurance (4,4 %), d'une hypothèse de frais d'entrée de 4 %, ainsi que de la cotisation INAMI (3,55 %), de la cotisation de solidarité 2% et de l'impôt de sortie à 65 ans (±10 %, majoré des centimes additionnels communaux).

      Les différentes solutions ne répondent pas aux mêmes besoins ni au même horizon de temps. Entre un dividende perçu immédiatement et un capital constitué en vue de la pension, l'écart peut être significatif. L'objectif n'est toutefois pas d'opposer ces mécanismes, mais de les intégrer dans une stratégie globale adaptée à votre situation.

      Selon votre situation, d'autres mécanismes peuvent également être envisagés.

      Les tantièmes ou les droits d'auteur, lorsque les conditions légales sont remplies, peuvent également compléter une stratégie de rémunération ou de planification patrimoniale.

      Comment choisir ?

      Il n’existe pas de réponse unique : le bon équilibre dépend de vos besoins de liquidités à court terme, de vos projets personnels et professionnels, de votre horizon de temps, de votre situation familiale et de la taille de votre société.

      • Besoin de liquidités rapidement ? La rémunération, les avantages de toute nature, les loyers ou les dividendes ordinaires permettent de disposer des fonds à court terme.
      • Vous pouvez attendre quelques années ? Le VVPR-bis ou la réserve de liquidation peuvent mériter une analyse, tout comme la manière de gérer la trésorerie durant cette période.
      • Vous préparez votre retraite ? L'EIP constitue souvent un outil central pour préparer une pension complémentaire tout en s'inscrivant dans une stratégie patrimoniale plus globale.

      Votre comptable, votre conseiller fiscal et votre intermédiaire d'assurance peuvent vous aider à évaluer les différentes options en fonction de votre situation.

      Plus qu'une question de produit ou de fiscalité, l'enjeu est de construire une stratégie cohérente avec vos objectifs et votre horizon de temps. En matière de patrimoine comme de gestion d'entreprise, le temps reste souvent l'un des leviers les plus importants.

      Cet article a une vocation purement informative. Il ne constitue ni un conseil fiscal, juridique, financier ou d'investissement personnalisé. Les règles fiscales et sociales sont susceptibles d'évoluer et doivent être analysées à la lumière de votre situation personnelle.

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