La Belgique n'échappe pas aux conséquences du changement climatique. L'étude d'AXA Climate révèle la vulnérabilité de nos communes face aux vagues de chaleur, aux inondations et à la sécheresse. Sans intervention, leur viabilité pourrait être gravement compromise.
Les communes sont-elles préparées aux catastrophes climatiques ?
“Les communes belges se réchauffent rapidement. Selon le scénario le plus pessimiste du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), Bruxelles peut s'attendre à une augmentation de sa température de 5,5 °C entre 1950 et 2080, ce qui signifierait un climat similaire à celui des Abruzzes en Italie.”
Le climat se déplace vers le nord, pourrait-on dire, et cela vaut naturellement pour d'autres régions belges, selon l'étude d'AXA Climate. À Anvers, la température moyenne estivale a déjà augmenté de 2 °C depuis 1975. D'ici à 2100, la hausse pourrait atteindre 5,4 °C, faisant de la région anversoise l'équivalent des Marches, un territoire du centre de l'Italie bordant la mer Adriatique. Namur pourrait connaître des températures qui transformeraient la commune en une sorte de “Bordeaux belge”.
“Nous disons depuis 20 ans que les conséquences du changement climatique arrivent, et aujourd'hui, c'est le cas”, souligne Antoine Poincaré, responsable de la Climate School chez AXA Climate, à Paris. “Le 21 septembre, le match de football entre le PSG et l'Olympique de Marseille a été reporté en raison d'une double vigilance orange 'orages' et 'pluies-inondations'. Et dans les Bouches-du-Rhône, la rentrée scolaire a subi le même sort par crainte de conditions météorologiques extrêmes.”
Un climat méridional peut sembler attrayant, mais les conséquences qui l'accompagnent ne le sont pas.
Vagues de chaleur et inondations
“Un climat méridional peut sembler attrayant, mais les conséquences qui l'accompagnent ne le sont pas. Les vagues de chaleur, le stress hydrique, la sécheresse et les inondations menacent d'affecter gravement la viabilité de nos communes. Les zones urbaines avec beaucoup de surfaces imperméables et peu de verdure sont particulièrement vulnérables.”
Des étés avec des températures supérieures à 40 °C deviendront la nouvelle norme d'ici à 2050, selon AXA Climate. Les vagues de chaleur seront plus fréquentes, plus intenses et peuvent entraîner une augmentation de 10 à 15% de la mortalité. Toutes les infrastructures en Belgique ne sont pas conçues pour un climat italien. Le problème, c'est que le rythme des changements climatiques n'est pas facile à suivre.
Selon le Bureau du Plan, les coûts annuels du changement climatique pour l'économie belge pourraient atteindre 4 à 8,5 milliards d'euros d'ici à 2050. En 2021, le Bureau du Plan a calculé que les travailleurs perdent jusqu'à 20% de leur productivité lorsque la température dépasse les 30 °C. Les humains souffrent, mais aussi nos infrastructures. Les rails se déforment, les autoroutes se fissurent et le trafic s'arrête, engendrant embouteillages et retards, ce qui impacte notre économie.
Les zones urbaines présentant un grand nombre de surfaces imperméables et manquant de verdure pâtissent particulièrement de la montée du mercure. Des “îlots de chaleur” se forment, accroissant encore la température. De plus, ces endroits peuvent s'attendre à un stress hydrique : moins de précipitations en été, mais des pluies nettement plus intenses et un risque d'inondation en hiver.
Sommes-nous prêts à répondre aux conséquences du changement climatique ?
Selon AXA, il est essentiel que les gouvernements et les citoyens prennent conscience de ces conséquences climatiques. “Qui aurait pensé que vivre le long de la Vesdre serait si dangereux?”, résume Serge Martin, Chief Customer & Distribution Officer chez AXA Belgium. “L'impact du climat n'est plus un risque hypothétique et lointain, il perturbe littéralement notre vie quotidienne.”
AXA rend cet impact climatique plus concret grâce à l'AXA Climate School, une plateforme d'apprentissage en ligne sur le changement climatique, développée avec des experts internationaux. L'AXA Climate School est désormais obligatoire pour les 3.000 employés d'AXA Belgium. Et, en collaboration avec GoodPlanet Belgium, AXA organise des cours et des ateliers dans les écoles secondaires. Les courtiers et les clients peuvent également suivre le programme en ligne.
“Si Namur évolue vers le climat de Bordeaux, cela aura des conséquences considérables”, reprend Serge Martin. “Mais tout le monde doit comprendre ce qui change exactement. L'impact du climat n'est plus un risque hypothétique et lointain, il perturbe littéralement notre vie quotidienne.”
Sommes-nous prêts à faire face au changement climatique ? “Il reste beaucoup de chemin à parcourir”, prévient Antoine Poincaré. “Toutes les infrastructures en Belgique ne sont pas conçues pour un climat italien. Il faut se préparer à ce climat de demain dès aujourd'hui, vu les délais de mise en place. Le problème, c'est que le rythme des changements climatiques n'est pas facile à suivre.”
La prévention est indispensable
“Nous nous dirigeons vers des scénarios où des maisons, des rues, des quartiers entiers risquent de devenir non assurables en raison du risque d'inondation”, note Serge Martin. “Nous pouvons tenter de gérer cela avec des franchises plus élevées, des limitations de couverture et des réassurances. Mais si des zones entières deviennent des zones à risque, cela ne suffit plus.”
Le véritable travail consiste à intervenir de manière préventive, avec le gouvernement et les urbanistes comme partenaires. Notre étude climatique aide à concrétiser cela et montre où se situent les points d'attention. Ainsi, nous pouvons travailler sur des solutions qui réduisent les risques. Pensez à la création de bassins de rétention ou à l'adaptation des règlements de construction. De telles interventions coûtent du temps et de l'argent mais elles sont incontournables pour préserver la viabilité de régions entières.
Si les solutions sont connues, leur mise en œuvre n'est pas toujours aisée. “Planter davantage de verdure en commune, installer des toits verts : cela absorbe les précipitations en hiver et procure de la fraîcheur en été”, avance Antoine Poincaré. “Et, bien sûr, nous devons veiller à planter la végétation appropriée, adaptée aux conditions météorologiques et climatiques qui prévaudront dans 20 ans. Et cela doit se faire maintenant.”
“Collecter l'eau de pluie, planter des forêts ou reboiser des terrains pour limiter le ruissellement de l'eau, prévoir plus de zones d'infiltration dans les environnements urbains… De nombreuses mesures 'dures' sont possibles, mais n'oublions pas l'approche 'douce'”, conclut Serge Martin. “L'éducation et la sensibilisation au climat sont tout aussi importantes. Ainsi, les gens savent ce qui les attend et ce qu'ils peuvent accomplir eux-mêmes.”
Bon à savoir : AXA soutient les entités publiques, les organisations et les entreprises non seulement avec des solutions d'assurance, mais aussi avec des connaissances, des formations et des outils pour cartographier les risques et déployer des mesures préventives. Nous contribuons ainsi à rendre les communes belges plus résistantes aux catastrophes climatiques.






